Léo et Christoui ne changeront jamais !
Le jour, elles attendaient impatiemment le moment où passait la longue cohorte des hommes en direction des latrines. Ils marchaient les yeux bandés et pour se guider, chacun posait la main sur l'épaule de celui qui le précédait dans les rangs, sous la surveillance des gardiens en armes. Parmi eux se trouvait Andres. Par la minuscule fenêtre à barreaux de leur cellule, elles pouvaient les voir si proches : à les toucher si elles avaient pu tendre la main au-dehors. Chaque fois qu'ils passaient, Ana et Alba se mettaient à chanter avec l'énergie du désespoir, et d'autres cellules s'élevaient aussi des voix de femmes. Alors les prisonniers bombaient le torse, redressaient les épaules, tournaient la tête dans leur direction, et Andres souriait.